19 août 2008
LETTRE OUVERTE A IDRISS DEBY
LETTRE OUVERTE A IDRISS DEBY
Interrogé par
l’Agence France Presse suite à votre décision de me condamner, j’avais répondu
au journaliste que c’est pour moi un honneur et un privilège que d’être condamné
par un pouvoir dictatorial et antinational.
Oui, Monsieur le
Président, un seul pré carré du territoire national est sous votre contrôle et
je revendique le droit qu’il soit reconquis et restitué à la résistance
nationale.
Ce qui me fait
peur ce n’est pas la parodie de justice qui a aboutit à ma condamnation et celle de mes camarades de
lutte mais celle de l’histoire qui un jour ou l’autre me demandera des comptes
pour avoir collaboré avec vous et contribué à la puissance néfaste que vous
exercez sur notre peuple.
Si je suis un
criminel c’est seulement pour avoir collaboré avec vous et avoir accepté
l’inacceptable au point de perdre mon âme et décevoir durant des décennies toutes celles et tous ceux qui ont cru en moi et ont eu la
faiblesse un moment de penser que je serai un leader charismatique au point de
les défendre contre l’injustice et la dictature.
Je me suis engagé
en politique très jeune et j’ai été en 1970 transféré d’autorité par le ministre de l’intérieur de
Tombalbaye Douba Alifa du lycée Félix Eboué et obligé de continuer mes études
au collège de Bousso pour appartenance au FROLINAT et l’année suivante de
retour au lycée Félix Eboué et continuant mes activités
« subversives » j’ai été exclu
de tous les établissements publics
tchadiens au point de m’exiler à 15 ans à Garoua au Cameroun pour continuer mes
études. C’est à cette période que j’ai connu mon premier interrogatoire à la
gendarmerie nationale.
Il faut dire que
je détestais la dictature et l’injustice
et aujourd’hui je me demande comment un homme comme moi ait pu renoncer à tant
d’idéal et a pu collaborer avec vous durant
toutes ces années de plomb ?
J’en perds ma
fierté princière !
J’ai perdu auprès
de vous mon âme et ma crédibilité de combattant de la liberté.
Ma condamnation par votre justice, et non celle du peuple tchadien, vient enfin
de me réhabiliter. J’en suis terriblement fier et honoré !
J’ai enfin
retrouvé mes reflexes qui ont fait tant de fois mon succès : celui d’un
homme résolu à combattre les despotes de votre espèce.
Oui, monsieur le
Président, je revendique la fierté de vous avoir combattu les armes à la main en
février dernier jusqu’aux portes de votre palais où j’ai demandé votre démission.
Avec mes amis et compagnons, nous avons bien l’intention de revenir à N’djamena
et cette fois ci de vous chasser
définitivement et débarrasser le Tchad de votre règne calamiteux.
C’est nous qui
allons écrire l’histoire. C’est nous qui avons les cartes en main. C’est nous
qui vous jugerons car nous portons haut les aspirations du peuple tchadien qui écrira
lui-même son histoire et non vos magistrats à la solde.
Continuez de tout
mépriser et les juges que vous torturez pour vous faire n’importe quoi se
feront un malin plaisir demain de vous
mettre face à vos responsabilités quand sonnera le glas de votre pouvoir dictatorial
et affligeant !
Vous avez
souhaitez me mettre personnellement dans votre collimateur au point de vouloir
me priver de la vie mais je vous assure que je vous empêcherais de dormir tant
que vous régnerez en dictateur sur notre peuple. Et pour cela vous me connaissez
très bien !
ABDERAMAN
KOULAMALLAH

