"L'opposition a fait une erreur
historique en ne désignant pas un chef unique avant d'aller sur N'Djamena" début
février, a déclaré à la presse M. Koulamallah, qui était porte-parole de la
coalition rebelle lors de l'offensive ratée sur la capitale tchadienne.
Selon lui, le repli des rebelles après un week-end de combats au cours
duquel le régime du président Idriss Deby Itno a sérieusement vacillé, est
essentiellement dû à des "divergences politiques" au sein de la rébellion,
composée de groupes hétéroclites.
"Le manque de cohésion de l'opposition
a fait que même les Tchadiens, ainsi que des pays africains voisins, ont eu des
doutes sur notre capacité à diriger le pays", a dit M. Koulamallah, qui a
lui-même annoncé la création d'un nouveau groupe rebelle, l'Union démocratique
pour le changement (UDC).
M. Koulamallah était jusqu'à présent membre du
RFC (Rassemblement des Forces pour le Changement) de Timan Erdimi, un groupe
essentiellement composé de zaghawas, l'ethnie du président Deby.
Le RFC
a quitté la principale coalition rebelle après la désignation à sa tête d'un
Gorane, le général Mahamat Nouri.
L'UDC "va rejoindre" l'Alliance
Nationale (AN) du général Nouri, seule à même de pouvoir mener la lutte contre
le régime tchadien, selon M. Koulamallah.
"A l'heure actuelle, il n'y a
pas d'autres perspectives pour l'opposition que de reprendre les armes contre
Idriss Deby", a-t-il poursuivi, affirmant que la guerre reprendrait "sans doute
dans les jours qui viennent".
M. Koulamallah a par ailleurs réitéré les
critiques de la rébellion contre la France, "qui soutient une dictature, un
régime qui ne respecte pas le minimum des droits humains".
"Les
conseillers de M. Sarkozy et M. Kouchner ne comprennent rien à rien du conflit
tchadien", a-t-il ironisé. "La méconnaissance des dossiers fait que la France
fait beaucoup d'erreurs en Afrique. Mais petit à petit la France reconnaîtra
qu'elle se trompe complètement de politique au Tchad", a-t-il dit.
"Deby est en train de
rouler la France dans la farine. L'expulsion de la journaliste Sonia Rolley le
prouve", a-t-il souligné.
La journaliste française, correspondante de
plusieurs médias internationaux dont RFI et l'AFP, a dû quitter N'Djamena jeudi,
après la décision du gouvernement tchadien de lui retirer "définitivement" son
autorisation de travailler dans ce pays.
Au cours de sa brève visite à
N'Djamena le 27 février, le président français Nicolas Sarkozy avait indiqué
avoir déclaré aux autorités tchadiennes que l'expulsion d'un journaliste "serait
un signal extrêmement désastreux". |